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Le colloque International sur la "Fracture numérique Nord Sud" à Hourtin (France 2003) : Une réussite d'Africanti (août 2003)

Brève : octobre 2003


Cette année, comme en 2002 et 2001, les membres d'Africanti (voir www.africanti.org) ont pu participer à la 24ème édition de l'Université d'Eté de la communication à Hourtin. Je ne m'attarderai pas sur le thème de " l'Identité " qui a fait vibré Hourtin. Je voudrais plutôt vous relater ce qui s'est passé pendant le colloque sur la fracture numérique organisé par AFRICANTI.

Enfin, le colloque fracture Nord Sud !

Prévu pour le mois de février 2003, ensuite pour les mois de Mars et d'Avril, le colloque dont les bases furent lancées à Hourtin en 2002 s'est enfin tenu pendant la 24ème édition de l'Université d'été de la communication.

Ce colloque a eu pour objet de faire de l'état des lieux sur la situation des NTIC au Sud et d'évaluer leurs contribution au développement.

Plusieurs communications portant sur des résultats d'études de chercheurs et étudiants ont été présentées. Il faut dire qu'Annie Chéneau-Loquay, Directrice de Recherche au CNRS dans l'unité mixte de recherche CEAN (Centre d'Etude d'Afrique Noire), s'est battue pour la réalisation de ce colloque : grand bravo à cette femme. S'il existait plusieurs "Annie", peut-être aurions-nous pu réduire déjà le fossé numérique !

A quelques jours du colloque, elle n'avait pas un sou et elle a trouvé des ressources en tapant fort à toutes les portes. Nous préparons un e-Nobel africain en perspective pour elle.

Imaginez le nombre de bailleurs qui ont réagi à la dernière minute suite à son insistance : Plus de 22 participants de pays africains étaient présents à ce colloque grâce à la forte contribution financière : (1) du Ministère français des Affaires Etrangères qui a financé le séjour et le voyage de 16 personnes, (2) de l'Agence universitaire de la francophonie (AUF) pour 3 personnes, et (3) de l'INTIF pour 3 personnes. Pour les étudiants et autres participants français, la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, la Région Aquitaine, l'IEP (Institut d'études politiques de Bordeaux) et le Conseil Général de la Gironde ont été les bailleurs.

Naturellement, le CNRS fut fortement impliqué dans l'organisation de ce colloque par la présence d'Annie Chéneau-Loquay et de Raphaël Ntambue.

Des multiples communications qui ont été présentées pendant les quatre jours, je retiendrai les approches pro-fractures, les approches anti-fractures numériques, et celles des " vrais gens " pour utiliser l'expression chère à Rabia. Pour le débat " fractures numériques ", il faut souligner qu'il a d'abord été mené en ligne quelques semaines avant le colloque. Ce fut l'occasion de survoler cette thématique pour ne pas s'y embourber.

Le numéro 1 de la revue Net SUD, résultat des travaux d'Africanti est sortie et nous avons eu le plaisir de voir le bouquin. Encore bravo aux " africaNTICstes". Mais le prix d'achat de la revue (18 euros) dépasse le prix d'un sac de riz en Afrique : je me suis donc gardé de l'acheter, bien que je sache qu'il aura un meilleur usage en Afrique ! ah, quelle fracture ! J'aurai aimé que l'on trouve un moyen pour nous en donner un certain nombre afin que l'on puisse le diffuser en Afrique dans nos universités, aux centres de documentation, dans les ONG et autres. Je suis sûr que l'on pourra trouver quelqu'un pour nous soutenir dans cette voie, sinon on ne pourra comprendre que les idées viennent du Sud, qu'elles servent à faire des bouquins au Nord qui sont consommés au Nord (accroissant la fracture ainsi ! ) et revendus au Sud à des prix " exorbTICants ". Je pense que même les contributeurs au bouquin n'ont pas eu un exemplaire gratis, ne parlons pas de nous autres. C'est plus que la fracture numérique, je pense.

- L'ambiance de Hourtin.

Chaque année, Hourtin se " e-modenise ". Tout y est de plus en plus High Tech, les écrans à tube cathodique classique ont disparu pour faire place à des écrans extra-plats accrochés au mur ou suspendus aux plafonds. La e-manière de faire un exposé est de le projeter sur un écran plat (qui peut cogner les têtes de ceux qui n'y prêtent pas attention.) avec bien sûr le sacro saint Powerpoint. Tout le monde sait que projeter un texte de plus de 10 lignes sur un écran n'est pas pratique, les gens se concentrant pour lire au lieu de suivre le conférencier qui lui même est partagé entre son texte et le public, mais c'est la e-mode. Le village des partenaires regorge d'entreprises et de collectivités venues exposer leur travail et leurs nouveaux gadgets dans le domaine de la e-education, e-democratie, e-administration et e-e-e-e. Toutes ces démonstrations avec une dominante de la couleur bleue, couleur de la modernité qui fera pâlir d'envie un Africain face à cette e-modernité. Nous allons demander à Annie, à l'occasion d'une autre invitation, si on peut exposer nos tambours et djembé ainsi que certains e-fétiches quelque part sous un e-arbre.

Et que font les africains à Hourtin, pourrait-on se demander ?

C'est vrai que même peu de français ou d'ONG françaises peuvent venir à Hourtin à cause des frais élevés de l'inscription et de l'hébergement. C'est donc un endroit où la vue des africains avec leurs gros boubous et pantalons bouffants pourra choquer plus d'un si ce n'est grâce à l'initiative Africanti !

- Les leçons de Hourtin

L'idée dominante, cette année, fut, je pense, le haut débit. Tout le monde veut le Haut débit pour se e-moderniser. Ceux qui ont le bas débit crient à la fracture. Cela est trop fort pour nous autres africains qui râlons pour avoir le bas débit. A titre de comparaison, un petit européen dans son studio peut avoir à sa disposition un accès plus performant qu'un fournisseur d'accès Internet en Afrique qui irrigue plus de 300 abonnés et grâce à cela permet indirectement à des milliers de gens d'avoir accès aux NTIC. L'université de Ouagadougou, qui a une connexion Internet permanente, permet à plus de 100 enseignants de se connecter et à plus de 3 centres de recherches d'avoir accès à l'Internet a un débit qui ne dépasse pas celui d'une connexion bas débit multiplié par deux.

- Doit-on alors crier à la fracture ?

Je dis non. La fracture ne sera jamais résorbée parce que nous n'avons pas les mêmes moyens ni les mêmes besoins, habitudes et e-attitude dans les usages des NTIC, bien que les projets et autres tendent à nous démontrer le contraire, ce n'est pas Raphaël Ntambue, Congolais d'origine, Directeur de recherche associé au CNRS de Bordeaux, qui dira le contraire, lui qui est le défenseur de l'anthropologie africaine des NTIC. Entre parenthèse, Merci de nous avoir hébergé chez toi pendant 2 jours. Nous avons apprécié la bonne cuisine africaine de ta femme ainsi que l'atmosphère sociale de chez nous.

Pour ma part, on doit se tourner beaucoup plus vers l'observation des usages des canaux traditionnels d'information qui a toujours un avenir certain en Afrique et ensuite, analyser le passage vers les usages des TIC. L'imbrication des canaux traditionnels et modernes donnera une grande efficacité à l'action des TIC en Afrique et je pense que c'est l'option d'Africanti. -

L'autre Hourtin en Afrique ? ? ?

L'autre Hourtin en Afrique, je l'espère. Pourquoi pas ! Alors, je lance un appel aux africains d'y penser parce que nous pouvons avoir un impact plus grand de notre démarche en organisant des colloques en Afrique. Etes vous d'accord pour faire un colloque en Afrique sans perdiem dans des cases quelque part ? Etes-vous d'accord pour prendre des taxis en brousse pour vous rentre à ce colloque au lieu de venir en avion première classe ? Etes vous d'accord pour manger le tô Burkinabè et le Kiep Pou Djen Sénégalais, le degué Malien ? et les ignames camerounais ? et bien sûr boire le dolo, bière de mil (Doris s'y connaît bien en dolo !). Vous regretterez bien sûr le bon vin de Bordeaux mais c'est à ce prix que nous pourrons apporter quelque chose de concret et de durable à nos communautés.

Sylvestre Ouédraogo (http://www.yam-pukri.org http://www.burkina-ntic.org)


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Responsable du site web :
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Maison des Suds
12 Esplanade des Antilles
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